mercredi 10 juillet 2019

UNE FAMILLE EN GUERRE : LA CHRONIQUE DE LA BANDE DU 9

 L’invasion puis l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne va faire ressortir les vieilles rancœurs. Des familles vont être divisées entre résistance et collaboration. Piatzszek et Espé ont choisi cette période pour conter la vie quotidienne des Français sous l’occupation. Un récit instructif et captivant. 

*Jeff travaille dans un grand groupe pharmaceutique à Bâle en Suisse. Tous les ans, pour éviter le burn-out, il a besoin de décompresser et d’aller se cloîtrer une semaine dans une maison de repos à Mulhouse. Cette semaine est pour lui le moyen de se couper du monde, sans téléphone, sans ordi et surtout sans cette drogue qui lui permet de tenir et de faire de courtes nuits. La première nuit de sevrage est difficile. Ne trouvant pas le sommeil, Jeff est happé par un cri venant de son voisin de chambre. Dans cette dernière, il découvre un vieil homme qui vient de faire un cauchemar. Pour se remettre de ses émotions, celui-ci se sert un verre de Riesling. Il propose à Jeff de l’accompagner et de lui raconter une histoire, celle de sa famille.

Nous sommes en 1940. Les Allemands se rapprochent rapidement et le père du vieil homme alors viticulteur n’a qu’un objectif en tête, celui de murer sa cave pour éviter le pillage. Pour les enfants, Antoine (fraîchement libéré d’un camp) et Fiona (institutrice), la lutte contre l’ennemi ne fait que commencer, alors que François, le petit dernier, se retrouve de plein fouet embrigadé dans la propagande allemande qui ne digère toujours pas que l’Alsace soit redevenue Française. 

La région Alsace occupe à elle seule une histoire dans l’Histoire. Cette région française a longuement été baladée entre la France et L’Allemagne. Pendant la seconde guerre mondiale, le territoire est alors français mais les Allemands, forts de leur invasion, vont rapidement annexer l’Alsace à titre de revanche. Les autochtones vont alors se retrouver partagés entre ceux qui soutiennent l’Allemagne et son passé et ceux qui se considèrent Français depuis toujours. Cette division n’est pas sans conséquence sur les relations quotidiennes au niveau de la population et des relations familiales.

C’est ce sujet qu’ont choisi les auteurs d’Une famille en guerre. Ici pour le moment on ne parle pas d’enrôlement de force des alsaciens dans l’armée allemande comme dans le livre : le voyage de Marcel Grob mais plutôt des différentes visions de cette invasion ou libération de l’Alsace selon les points de vue.  

Le récit s’en trouve ainsi très instructif, on apprend notamment l’obligation des saluts nazis dans les écoles, les grandes phases de propagandes et d’enrôlement des jeunes. Les intrigues et le suspense montent au fur et à mesure des pages. Même si la mise en place est un peu longue et les personnages difficilement identifiables au début, cet ouvrage est globalement captivant et donne envie de connaître la suite de l’histoire de cette famille. Car contrairement à L’île des justes (fortement conseillé) qui traite également des relations du peuple sous l’occupation, Une famille en guerre sera développée en plusieurs tomes. 

Espé de son côté offre un travail de qualité comme à son habitude, avec des personnages très expressifs, ce qui est primordial dans un sujet où les relations humaines sont au cœur de l’intrigue.

La suite est attendue avec plaisir, ce qui permettra également de découvrir le lien entre Jeff et ce vieil homme qui ne semble pas dû au hasard.


jeudi 4 juillet 2019

UNE FAMILLE EN GUERRE : LA CHRONIQUE DE COMIXTRIP

Une Famille en Guerre est l’histoire d’une famille de vigneron de la région de Colmar déchirée par la guerre en 1940 lors de l’annexion de l’Alsace par les Allemands. Stéphane Piatzszek nous décrit une vision de la guerre et de ses multiples facettes. Une famille en guerre contre l’Histoire mais également contre elle-même. Espé est au dessin de cette série en 3 tomes éditée chez Glénat.

MULHOUSE DE NOS JOURS

Jeff est un jeune cadre dynamique accro aux drogues de synthèse qui lui permettent, au quotidien, de se sentir performant dans son travail. A une semaine de Noël, comme chaque année, il prend une semaine de « vacances » où il se coupe de tout lien social et de toutes addictions. Cette année l’Abbaye de trappistes où il a l’habitude de se rendre  ne peut pas l’accueillir, ce sera donc dans la clinique St Morand qu’il se rend.  C’est là qu’il rencontre Mr Engel, fils de vigneron Alsacien, qui lui raconte son Histoire.

LE PAYS PERDU : LES PETITES HISTOIRES DANS LA GRANDE HISTOIRE

1940, l’Allemagne annexe L’Alsace et en quelques semaines toute trace de la France est balayée. La famille Engel rentre dans cette Histoire mais chacun de manière différente :  le Père qui a déjà vécu les ravages des différentes guerres, le premier fils prisonnier Alsacien relâché par les « boches » lors de l’annexion de l’Alsace, la fille qui nourrit et veut aider les prisonniers Français, le dernier jeune garçon qui se laisse embrigader par la fille qu’il aime et par son professeur ouvertement pro-allemand. C’est alors que cette famille au travers de sa propre histoire rentre dans la grande Histoire.

LE LIEN ENTRE LE PASSÉ ET LE PRÉSENT

La première nuit Jeff n’arrive pas à dormir. Il rejoint alors Mr Engel qui lui raconte son histoire et celle de sa famille en buvant une bouteille de vin du domaine familial. En fin de nuit, Jeff se rend compte que Mr Engel le connait également, mais pourquoi ? Comment ? La suite de cette histoire qui promet d’être passionnante dans les prochains tomes.

UNE FAMILLE EN GUERRE : UN DESSIN QUI SUBLIME UNE HISTOIRE INTENSE

Cette histoire imaginée par Stéphane Piatzszek est une histoire de famille dans un contexte historique où chaque personne appréhende la vie avec son histoire et son cœur. Espé, l’auteur du roman graphique Le Perroquet, nous plonge dans ce récit avec un graphisme qui retranscrit à merveille les sentiments de chaque personnage tout en les intégrant dans de très beaux paysages. Les regards des personnages ont toujours une place prépondérante.



lundi 10 juin 2019

UNE FAMILLE EN GUERRE : LA CHRONIQUE DE PLANETE BD

 L'histoire :

De nos jours, Jeff, à peine trente ans, débarque dans un centre de repos de Mulhouse, situé dans un quartier calme. Son métier l’amène à être limite burn-out, il a besoin d’une semaine de rupture totale avec le monde professionnel. Il compte bien profiter aussi de cette semaine pour arrêter le GHB, cette drogue de synthèse qui booste ses performances et optimise ses courtes heures de sommeil. Or dès la première nuit, son voisin de chambrée pousse un cri. Jeff est insomniaque, il sort donc dans le couloir et lui rend visite pour voir si tout va bien… Il découvre un vieil homme bedonnant enfoncé dans son fauteuil, qui vient de faire un cauchemar. Le vieux lui propose un verre de vin, en contrepartie d’une confession sur ses jeunes années. Le vin est délicieux, donc Jeff écoute. Le vieux raconte le mois de juin 1940. Son père, viticulteur près de colmar, venait de murer toute une partie de sa cave, afin que les boches ne le spolient pas de son bon vin. Son frère Antoine venait d’être libéré, après quelques semaines d’emprisonnement, suite à la victorieuse blitzkrieg allemande. Sa sœur Fina, professeur dans un collège, était ravie de le retrouver, mais s’inquiétait de l’annexion de sa région par l’Allemagne. Pour Antoine et Fina, l’Alsace était et resterait toujours française. Lui, François Engel, le plus jeune de la fratrie, subissait de plein fouet la propagande pro-allemande de son professeur d’Histoire-Géo. A cette époque, il fallait saluer « Heil Hitler ! » au début de chaque cours…


Ce qu'on en pense sur la planète BD :

La problématique patriotique alsacienne durant la seconde guerre mondiale a déjà fait couler beaucoup d’encre et entre autre donné lieu à d’excellentes séries BD (on pense à Malgré nous et au Voyage de Marcel Grob). Et ce n’est pas terminé… pour preuve cette nouvelle histoire qui confronte les membres d’une même famille de viticulteurs à des opinions opposées. Comme souvent dans les révélations des honteux secrets de famille, le scénariste Stéphane Piatzszeck introduit son récit par un flash forward à notre époque, avant de dérouler la grosse majorité de son intrigue dans le passé. Nous sommes en 1940 et l’Alsace vient d’être annexée par l’Allemagne. Cette région, qui n’a eu de cesse d’être partagée entre les deux nations au cours de l’Histoire, avait forcément des partisans des deux bords… et donc ici, au sein d’une même famille. Le scénario prend le temps d’inscrire logiquement les positions psychologiques des personnages et il focalise notamment sur la mécanique du lavage de cerveau, avec les jeunesses hitleriennes. Peut-on considérer un jeune en formation, manipulé par son professeur, comme coupable de traîtrise envers une nation ? Le joli dessin semi-réaliste d’Espé est parfaitement documenté sur l’époque quant à ses éléments de décor et soigné au niveau des regards et postures des personnages. Au fil des pages, la tragédie se creuse. Si on sent bien venir le sens de l’Histoire dans la longue séquence sous l’occupation, le scénariste révèle dans son cliffhanger un double niveau d’intrigue, façon thriller un peu flippant…

Vivement la suite !


lundi 3 juin 2019

UNE FAMILLE EN GUERRE : LA CHRONIQUE DE CULTURE vs NEWS

 Mulhouse, de nos jours. Un jeune cadre dynamique accro aux substances pour tenir le rythme, décide de passer une semaine en cure dans une clinique de repos. Un soir, il fait la rencontre de son voisin de chambrée, M. Engel, fils d’un important vigneron de la région de Colmar.

Chronique : Fantastique bande dessinée de Stéphane Piatzszek et Espé. Espé  réussis et épouse bien le récit, agrémenté d’un jeu d’ombres et de couleur magnifiques dans lequel harmonie et simplicité fusionnent à un point que c’en est jubilatoire. Une telle stylisation est assez inhabituelle pour ce type d’histoire, qui généralement est plus associée à un dessin d’un réalisme académique. Le tout, porté par un cadrage cinéma. Cette BD soignée aux dessins efficaces.  L’atmosphère et la tension dramatique sont bien rendues. avec l’impressionnante documentation réunie par les deux complices afin de rester et de ressembler le plus fidèlement au contexte de l’époque. Cette période n’est pas sans écho avec la nôtre gangrenée par l’hégémonie des fanatismes et les massacres subséquents.

Note : 9,5/10





mercredi 22 mai 2019

UNE FAMILLE EN GUERRE : TOME 1 EN LIBRAIRIE !

C'est aujourd'hui que paraît le premier tome de "Une famille en guerre", la nouvelle série d'Espé et Stéphane Piatzszek qui avaient déjà signé ensemble en 2015 le magnifique album "L'île des Justes".  




jeudi 21 mars 2019

L'ACTUALITE VUE PAR ESPE

 Même si je ne publie pas sur la page d'accueil les nombreux dessins d'actualité d'Espé, afin de garder la lisibilité sur les infos concernant la bande dessinée, n'oubliez pas d'aller régulièrement jeter un œil sur la rubrique "l'actu vue par Espé" où de nouveaux dessins savoureux s'ajoutent souvent.




mardi 5 mars 2019

UNE FAMILLE EN GUERRE TOME 1 : PLANCHE ENCREE

 La sortie du premier tome de la nouvelle série d'Espé et Stéphane Piatzszek approche. Et voici qu'une nouvelle et magnifique nouvelle page de l'album avant sa mise en couleur se dévoile sous nos yeux éblouis. A voir en cliquant sur l'aperçu ci-dessous :




mardi 12 février 2019

UNE FAMILLE EN GUERRE TOME 1 : PLANCHE 8

 La sortie du tome 1 approche, et voici que se dévoile la planche 8 dans sa version encrée.





mardi 5 février 2019

DESSIN PREPARATOIRE POUR CHÂTEAUX BORDEAUX

Un ancien dessin préparatoire ça vous dit ? Si oui, rendez-vous sur la page dédiée à la série en cliquant sur l'aperçu ci-dessous : 


dimanche 20 janvier 2019

LE TERRITOIRE : EX-LIBRIS

Aujourd'hui, retour aux débuts d'Espé dans la bande dessinée, avec cet ex-libris réalisé à l'époque de la série "Le Territoire".

Comme d'habitude, à voir en entier en cliquant sur l'aperçu ou en utilisant le menu de droite.


samedi 5 janvier 2019

UNE FAMILLE EN GUERRE : EXTRAITS DE PLANCHES

 En attendant la parution d'Une Famille en Guerre dans quelques semaines, je vous propose d'aller admirer deux extraits de planches en noir et blancs sur la page dédiée à la série.




jeudi 20 décembre 2018

UNE FAMILLE EN GUERRE : RECHERCHES DE PERSONNAGE

 Après le superbe "Îles des Justes", la prochaine série d'Espé et Stéphane Piatzszek s'intitulera "une famille en guerre". Voici une recherche d'Espé pour un des personnages de cette incontournable œuvre à venir :




lundi 10 décembre 2018

LES PRIMEURS : LA CHRONIQUE DE PAPER BLOG

 Châteaux Bordeaux est une saga dont je suis un fidèle lecteur depuis une dizaine d’années. C’est la présence d’Eric Corbeyran au scénario qui m’a attiré à l’époque. Depuis, je me suis attaché à cette grande aventure familiale qui m’a fait découvrir un milieu qui m’était complètement inconnu, celui du vin. Le neuvième tome, Les primeurs, conclue cette grande aventure.




La quatrième de couverture présente les enjeux avec les mots suivants : « Alors qu’Alexandra et Nicolas filent le parfait amour, l’héritière des Baudricourt peaufine l’assemblage de ses vins qu’elle a fait cultiver sur l’île du domaine familial. Un nouveau défi de taille dans son parcours pour redorer le blason familial, mais qui n’est rien comparé à ce qui l’attend pour les mois à venir : en effet, Alexandra est enceinte ! L’infâme Bourgeau, quant à lui, court toujours, bien décidé à prendre sa revanche sur la famille Baudricourt depuis qu’il s’est fait évincer du domaine… Paiera-t-il un jour pour ses crimes ? »

Une nouvelle fois, les auteurs exploitent remarquablement un travail de documentation précis et sérieux. Au fur et à mesure de la parution des tomes de cette saga, nous avons suivi la mise en place d’un grand cru du début à la fin. Chaque épisode est centré sur une étape de la conception. Ce dernier opus conclut ce processus avec talent. Le thème de cet album est centré autour des primeurs comme l’indique le titre. La réussite documentaire est une nouvelle fois un succès et valide définitivement la capacité du scénariste à mettre en valeur ses recherches de manière subtile et à les intégrer parfaitement dans l’histoire.

Au-delà d’une découverte de l’univers viticole, Châteaux Bordeaux est avant tout une grande saga familiale qui débute pour nous avec le retour d’Alexandra au domaine. On suit son immersion dans ce milieu dans ses pas. On partage ses émotions. Les rebondissements fréquents sont réussis et facilitent notre implication émotionnelle. Le dernier tome est un petit peu différent à ce niveau-là. Il est plus linéaire. On avance sereinement vers la clôture d’une belle histoire. On est moins stressé par les risques d’embûches potentielles. On a le sentiment que le plus dur est passé. L’atmosphère de lecture est ainsi agréable et chaleureuse accompagnée d’une pincée de nostalgie.

Les dessins sont toujours réussis. Espe offre un travail sérieux. Ses décors sont assez remarquables. Ils permettent une immersion facile dans un univers crédible et réaliste. Les personnages sont également réussis et aisément identifiables. Espe offre un support agréable pour poser une trame prenante.

Pour conclure, le dénouement est réussi. La qualité s’avère constante d’un tome à l’autre présentant ainsi une belle saga familiale. Je n’ai eu aucun mal à me laisser prendre par le projet d’Alexandra et je me suis passionné pour sa réussite. J’ai également appris énormément de choses et ai pris beaucoup de plaisir à naviguer dans les vignes. La petite surprise de cet opus est d’annoncer la fin de la saison un, sous-entendant ainsi la possibilité d’une suite. Mais cela est une autre histoire…

dimanche 25 novembre 2018

AFFICHE DU FESTIVAL DE CLAIRAC

En 2012, Espé avait signé la magnifique illustration pour l'affiche du festival BD de Clairac. je vous propose aujourd'hui de la redécouvrir sur la page "illustrations" : 

samedi 10 novembre 2018

AFFICHE POUR PAUILLAC

Voici une affiche d'Espé pour Pauillac, saison 2011 - 2012 :

 

samedi 3 novembre 2018

ILLUSTRATION : LA GRAFFEUSE

Voici une nouvelle et superbe illustration à contempler entièrement en cliquant sur l'aperçu :

 

lundi 15 octobre 2018

ÊTRE VEGAN

 Aujourd'hui dans la rubrique "récits courts",  je vous propose une nouvelle page de BD d'Espé sur le véganisme :


lundi 8 octobre 2018

Le 3ème OEIL : ex-libris

 Après "Le Territoire", Espé et Corbeyran ont signé une très bonne série en deux tomes, intitulée "Le 3ème Oeil". Aujourd'hui, je vous invite à aller admirer un ex-libris réalisé par Espé sur cette série.



jeudi 20 septembre 2018

LE TERRITOIRE : DEDICACES

 Après deux dédicaces sur Châteaux Bordeaux il y a quelques jours, découvront aujourd'hui deux autres dédicaces d'Espé pour Le Territoire.



lundi 10 septembre 2018

Châteaux Bordeaux : dédicaces

 Ajout aujourd'hui de deux dédicaces réalisées par Espé sur des albums de Châteaux Bordeaux :


mardi 7 août 2018

ESSAI D'ESPE POUR CHÂTEAUX BORDEAUX

 Document rare aujourd'hui, puisque je vous dévoile cette page inédite d'Espé qui n'est autre que sa page d'essai pour ce qui deviendra Châteaux Bordeaux.



jeudi 26 juillet 2018

LES PRIMEURS : LES PREMIERES PAGES !

Le 9ème et dernier tome de Châteaux bordeaux paraîtra le 26 septembre 2018. Afin de patienter jusque là, voici déjà les premières pages de l'album :





mercredi 20 juin 2018

LES PRIMEURS : LA COUVERTURE

 Les éditions Glénat ont dévoilé la couverture du prochain Châteaux Bordeaux :



mercredi 6 juin 2018

A TABLE : TOME 1 : LE CHEF - LA CHRONIQUE DE "L'EVEIL"

 Après la saga viticole Châteaux Bordeaux, qui compte huit titres à ce jour et un neuvième (et dernier selon ce qui est annoncé) à paraître au mois de septembre prochain, le duo constitué du prolifique scénariste Corbeyran, dont on ne compte plus les collaborations, et du dessinateur Espé (de son vrai nom Sébastien Portet), a décidé d’y aller d’un spin off avec leur série phare. Cette fois, les deux auteurs se penchent sur le monde de la cuisine…

La série Châteaux Bordeaux, faut-il le rappeler, en est une à succès. Les six premiers tomes se sont vendus à plus de 300 000 ventes, et ce chiffre datant de 2016 ne comprenait même pas les traductions. Pas surprenant donc que l’on veuille profiter de ce succès et de cette base de lecteurs déjà acquise pour poursuivre sur cette lancée. Il ne fallait somme toute qu’un tout petit pas à franchir, car qui dit bon vin, dit généralement bonne table.


Les deux auteurs remettent donc le domaine Le Chêne Courbe au cœur de l’action. L’héroïne de la série Châteaux Bordeaux, Alexandra Baudricourt, celle qui avait décidé de reprendre en main le vignoble paternel à la suite du décès de ce dernier, décide donc d’ouvrir un restaurant sur l’île du domaine familial, Le Chêne Courbe.

Pour s’occuper des cuisines, elle veut faire appel à François Compagnon qui, lorsqu’elle le joint, n’est plus dans le métier. Mais, on dit de lui qu’il a beaucoup de talent, même l’un des meilleurs chefs français. Celui-ci refuse dans un premier temps, mais se prêtera finalement au jeu d’une dégustation dont le gagnant remportera le poste à l’enjeu. L’autre candidate est Nathalie Cellier, la maîtresse du frère d’Alexandra…

Comme c’est souvent le cas pour le premier tome d’une série, celui-ci, intitulé Le chef (Glénat), sert à mettre en scène les nouveaux protagonistes et le décor où se déroulera l’action. Le scénario de Corbeyran laisse déjà entrevoir que les intrigues ne manqueront certainement pas (comme en fait foi la toute dernière case de ce premier tome) et le dessin d’Espé d’une belle efficacité semble annoncer à ce moment-ci une nouvelle série à succès pour le duo, comme l’a été Châteaux Bordeaux depuis 2011.


dimanche 13 mai 2018

A TABLE tome 1 : LA CHRONIQUE DE SO WHAT ?


Résumé

Alexandra Baudricourt se lance un nouveau défi : créer un restaurant sur l’île de son domaine viticole Le Chêne Courbe, afin d’accompagner ses vins des meilleurs mets. Une activité qui va, là encore, lui demander de la volonté et pour laquelle elle a tout à apprendre. 1ère étape : Alexandra doit commencer par recruter un chef.

Notre avis

J’aime beaucoup la série Châteaux Bordeaux. Je l’ai dévorée. Châteaux Bordeaux À Table ! est une suite. Alexandra poursuit un tout nouvel objectif : ouvrir un restaurant. Comme dans la 1ère série, elle ne connaît rien au monde dans lequel elle projette de se lancer mais est motivée et veut apprendre.

Le lecteur apprendra avec Alexandra de nombreuses choses sur la restauration – et ça commence dans ce 1er tome lorsque 2 chefs cuisinent pour Alexandra. Et la restauration est un domaine qui a le vent en poupe. J’adore découvrir et apprendre en lisant une bande-dessinée distrayante.

J’ai aussi adoré rencontrer de nouveaux personnages – des cuisiniers notamment. Et me balader avec eux au marché de Rungis, au marché des Capucins à Bordeaux. J’ai moins aimé retrouver des personnages de la série Châteaux Bordeaux. J’étais plus attachée à l’histoire qu’aux personnages et je trouvais que leur aventure avait trouvé sa conclusion. Je crois que j’aurais préféré de tout nouveaux personnages, une nouvelle famille – et pourquoi pas croiser à l’occasion Alexandra Baudricourt… Mais ça n’a pas gâché mon plaisir de lire cet album.

Il y a (aura) le personnage abject avec lequel Alexandra et sa famille devront lutter et qui se dévoile à la toute fin de l’album. Histoires de famille, de cœur, gastronomie, terroir bordelais, la recette me plaît !

J’apprécie toujours autant les dessins de Espé.

L’album m’a beaucoup plu, j’ai hâte de lire la suite !


dimanche 29 avril 2018

A TABLE ! LA CHRONIQUE DE FRANCE NET INFOS

 Châteaux Bordeaux : A table – Une BD pour les épicuriens !


Une nouvelle vague de BDs axées sur les plaisirs de la table a fait son apparition chez Glénat. Voici un spin-off de la série « Châteaux Bordeaux ». Ce premier tome, de “Châteaux Bordeaux: A table” est intitulé : « Le Chef », nous raconte l’histoire d’Alexandra Baudricourt, une jeune fille qui a bien compris que les meilleurs vins se dégustent mieux assis à une bonne table !

Le décor :

Paris. Le marché de Rungis est une invitation à la gourmandise. Tous ses étals de produits frais, toutes les saveurs de la table que l’on peut sentir et retrouver dans les assiettes des plus grands restaurants grâce à Thomas !

Il sent, il soupèse, il achète ce qu’il y a de plus frais pour les restaurants qu’il doit livrer : c’est son boulot, faire la tournée des plus belles tables !

Ce jour là, il s’arrête d’abord à « La Table d’Eugène » dans le 18 ème. D’abord, pour prendre un bon café avec le cuisinier, et ensuite, pour s’entendre dire une énième fois, qu’il devrait reprendre son métier initial derrière les fourneaux !!!

Il est loin de se douter, que devant le restaurant, ayant oublié d’éteindre le moteur du camion frigorifique, un énergumène ne s’est pas gêné pour profiter d’une si belle occasion. Mais il est trop tard, lorsqu’il sort, le camion et tous les meilleurs produits qu’il avait soigneusement choisis, ont disparu ! Je vous laisse imaginer l’état de son chef, Luc, lorsqu’il rentre au bercail tout penaud !

Une fois « l’orage » passé, il ne reste plus qu’a Thomas de rentrer chez lui. Sur le chemin, il est contacté par une certaine Mme Baudricourt. Propriétaire d’un domaine viticole dans le Médoc, elle projette d’ouvrir un restaurant et elle missionne Thomas pour devenir son Chef ! Une nouvelle qui vient à point, après les menaces de Luc au sujet de la bourde du matin !

Pour on ne sait quelle raison mystérieuse et apparemment douloureuse, Thomas n’est pas décidé  à rempiler sur un boulot de Chef.nIl faudra à Mme Baudricourt toute la volonté et la détermination possible pour aller le déloger et « l’obliger » à s’intéresser à son projet.

Et il faudra à Thomas du courage et de la volonté pour supporter la compétition cruelle qui va l’attendre, pour être l’heureux élu !!!!!


Le point sur la BD :

Il n’est pas toujours aisé d’intéresser les lecteurs d’une BD à des sujets aussi précis que le bon vin !! C’est pourtant ce que Corbeyran et Espé ont parfaitement réussi à faire avec leur première série « Chateaux Bordeaux ». Ici, « A table » est donc une série satellite de la première, plus axée sur la bonne chère !

Un scénario enlevé, un passé intriguant, et une rude compétition tiennent le lecteur, même non connaisseur,  en haleine jusqu’à la fin de ce premier tome ! Le moteur de la BD réside dans les cachotteries et les « mensonges » qui s’y cachent !!! Les personnages semblent anodins, puis se révèlent être coriace ! Évidemment, la création de ce restaurant en fait également parti ! Les représentations réalistes et soignées des personnages et la traduction d’un Paris où l’on reconnaît les meilleurs endroits pour s’attabler ajoutent au charme ! Le charme des vieilles bâtisses Bordelaises n’est pas en reste ! On s’y croirait !


La conclusion

Une série enrichissante et intéressante aux Éditions Glénat : ce premier tome des « Châteaux Bordeaux : A table » ressemble fort à une sorte de «soap culinaire» bien français. Elle donne le ton d’une série qui va vous mettre l’eau à la bouche, et vous donner des envies de vous intéresser un peu plus aux milieux culinaires !!

Dans tout les cas, une véritable « révérence » faite à tous les plus grands cuisiniers du Monde !


jeudi 5 avril 2018

EX-LIBRIS POUR LE TERRITOIRE

 Aujourd'hui, ajout d'un ex-libris sur la rubrique du Territoire :


mercredi 28 mars 2018

CHÂTEAU BORDEAUX : A TABLE ! tome 1 en librairie

 L'album est à présent disponible chez les meilleurs cavistes, c'est le jour où jamais de leur rendre une petite visite :



dimanche 25 février 2018

DEDICACES

 Châteaux Bordeaux encore, avec deux nouvelles dédicaces d'Espé que je vous invite à aller contempler en cliquant sur l'extrait ci dessous :

lundi 12 février 2018

AFFICHE DU FESTIVAL DE VENDAYS MONTALIVET 2011

Espé a dessiné de nombreuses affiches pour des festivals. Vous pouvez (re)découvrir intégralement celle du festival bd de Vendays Montalivet de 2011 en cliquant sur l'aperçu ci-dessous :

 

mardi 5 décembre 2017

CHÂTEAUX BORDEAUX tome 8 : LE NEGOCIANT : LA CHRONIQUE DE GENERATION BD

 La vie continue dans le domaine de Baudricourt, Alexandra découvre la manière dont sa production de vin sera embouteillée et mise en commerce. Le défi reste cependant de taille car la cuvée du « Chêne courbe » a perdu beaucoup de sa popularité. En refaire un vrai millésime est une vraie gageure… 

Pour arriver à une cuvée qui ferait l’honneur de sa maison, Alexandra a cependant une idée trouvée dans les notes de ses aïeuls : faire rouler les barriques lorsqu’elles sont stockées afin de leur donner un goût particulier et propre.

Parallèlement, Alexandra poursuit son combat contre Bourgeau et tente avec l’aide de Laetitita de casser la loi du silence engendrée par les craintes des représailles. Laetitia parvient à trouver un fermier nommé Marchandeau prêt à témoigner contre Bourgeau mais peu après le père de celui-ci est retrouvé mort. Marchandeau est persuadé que Bourgeau est à l’origine de la mort de son père, il préfère renoncer à apporter son témoignage. 

Décidément infatigable, Alexandra réussit également à percer le mystère de la mort de son père. Ayant mis à jour le fait qu’un ami du courtier Dorgémont avait joué le rôle d’un faux inspecteur de l’INAO pour faire sortir le domaine de son appellation, il lui sera facile de faire parler Patrick Dorgémont sous menace de porter plainte contre lui. Alexandra connaît enfin les circonstances exactes de la mort de son père…



Voilà déjà huit tomes qu’Alexandra s’évertue à redresser le domaine du Chêne Courbe et il semble qu’elle devrait bientôt y arriver si on tient compte du fait qu’il s’agit de l’avant dernier épisode de la saga ! A moins que Corbeyran ne nous fasse un grand coup de théâtre, on devrait bientôt rentrer dans un épilogue plutôt heureux… 

Cette huitième cuvée de la série est dans la même veine que les précédentes, ni trop corsée, ni trop amère, fluide dans la bouche… Elle poursuit son parcours initiatique ludique sur le monde du vin et son intrigue dont plusieurs fils se démêlent, même si quelque part on savait déjà une bonne partie des choses avant Alexandra (je pense à la responsabilité de Dorgémont dans la mort du père). Quand on lit le résumé, on voit cependant que le récit reste complexe et bien fourni. Le dessin d’Espé reste fidèle à lui-même, très agréable à la lecture… 

J’ai personnellement moins perçu la sensation de découverte et de surprise dans ce livre comme l’auteur m’y avait habitué mais il est quelque part pas évident de surprendre le lecteur dans un tome 8, surtout lorsqu’on se dit qu’il est temps de tout doucement amorcer la fin du récit. Un bon vin vieillit bien mais il est toujours un temps où il est préférable de le boire… 

Et puis en tant que chroniqueur, il est également temps d’arrêter de déguster un bon verre de rouge en parcourant cette histoire car cela pourrait tourner à l’alcoolisme. Je garde quand même une bonne bouteille pour le dernier opus !

lundi 20 novembre 2017

Rubrique LE TERRITOIRE : ajout d'un ex-libris

 Comme dit dans le titre, la page dédiée à la série "Le Territoire" s'enrichit aujourd'hui d'un ex-libris, à voir en cliquant sur l'image ci-dessous ou en utilisant le menu de droite section "bonus des séries".



mercredi 15 novembre 2017

CUT KILLER & DJ ABDEL

 On retourne à la période illustrations Hip Hop d'Espé, avec deux illustrations réalisées pour une compilation de Cut Killer & DJ Abdel.



jeudi 5 octobre 2017

CHÂTEAUX BORDEAUX tome 8 : LE NEGOCIANT : LE CHRONIQUE D'UN AMOUR DE BD

 

L’Histoire

Après son agression maquillée en accident de voiture, la gouvernante du domaine Jeanne a malheureusement gardé de graves séquelles. Elle est en chaise roulante et sa mémoire lui joue des tours. Alexandra qui lui rend visite régulièrement est très affectée par cette situation. Elle souhaite que la culpabilité de son ancien employé Vincent Bourdeau soit établie afin que justice soit faite. Elle a besoin de Laetitia pour recueillir des témoignages parmi ses employés. Ce n’est pas gagné !

Au-delà de cette nouvelle épreuve, Alexandra poursuit sa quête pour réhabiliter le domaine familial. Il va falloir convaincre la place de Bordeaux que le chêne courbe est à nouveau au niveau d’un 5ème grand cru classé. D’où une rencontre avec un négociant plutôt sceptique mais qui lui laisse une chance grâce à ses bonnes relations avec le jeune courtier Nicolas Noiret.

Ce que j’en pense

Encore une fois, la couverture est de toute beauté comme pour les précédents tomes. Elle invite véritablement à découvrir cette bd, tel un bon vin que l’on déguste paisiblement au milieu d’une cave d’un vignoble bordelais. Alexandra, une belle jeune femme encore inexpérimentée dans le métier de vigneron, va reprendre l’exploitation d’un domaine, nommé « Le Chêne courbe » dans la région de Bordeaux, suite au décès d’un père distant. Elle va être confrontée à de nombreuses épreuves, ainsi qu’à une multitude d’ennemis cachés qui ont des visées sur les terres de son enfance. Il lui faudra de l’humilité et du courage pour relever le défi et sauver l’entreprise familiale d’une faillite annoncée.

C’est vrai que la trame de cette saga au cœur du Médoc est plutôt classique. Cependant, j’ai apprécié sa redoutable efficacité avec une parfaite maîtrise du scénario de Corbeyran avec ses retournements de situation. Le récit va prendre une dimension plus mélodramatique et dans un registre plus familial avec une perfide belle-sœur ayant des visées financières sur le domaine. On se situe un peu dans l’ambiance d’un « Dallas » du vignoble à la manière des « Maîtres de l’Orge » pour ne citer qu’un exemple.

J’ai aimé ce côté un peu terroir, dans la description des métiers du vin. C’est introduit tout en finesse. On arrive à sonder les profondeurs de la terre et des racines de ce domaine tant convoité. Par ailleurs, le dessin est tout à fait sublime par cet aspect réaliste qui fourmille de détails. C’est certainement ce qui fait la réussite de cette saga qui est riche de précision. On y a vu d’ailleurs l’apparition du célèbre Michel Rolland jouant son propre rôle. Cela donne de la crédibilité à l’ensemble.

A travers chaque tome, on découvre un aspect et une facette du vin. Que cela soient les différents millésimes ou les classements, pour ne citer qu’un exemple. On se rend compte qu’il y a beaucoup de métier autour du vin avec ses différentes spécialités pour passer de la récolte du raisin à la table : l’œnologue, le vendangeur, le courtier ou encore le négociant, qui fait d’ailleurs l’objet et le titre de cet avant-dernier tome.

Ainsi dans ce nouvel épisode, on part à la découverte du négociant, qui sert d’intermédiaire entre le producteur de vin et les acheteurs. Le métier a beaucoup évolué puisque autrefois les négociants possédaient leur propre unité de production qu’ils ont dû abandonner au début des années 90. En effet, il y a eu beaucoup d’évolution technologique qui nécessitait des investissements de plus en plus coûteux. Le négociant s’est ainsi peu à peu repositionné sur le cœur de son métier, à savoir le commerce.

On en apprend toujours davantage sur les secrets de cette famille de vigneron. Alexandra semble relever la tête pour poursuivre son combat et produire une cuvée digne de ce nom. Il y aura encore de belles séquences qui nous font découvrir le monde du vin.

Bref, une fresque familiale à réserver aussi bien aux amateurs de grands crus qu’aux néophytes comme moi. La saga au cœur du Médoc se poursuit avec ses drames et ses complots familiaux. Le vin est véritablement au cœur de cette intrigue pour notre plus grand plaisir de dégustation.

On a envie de se plonger dans ce « Châteaux Bordeaux ». Cela promet d’être un grand cru de bd ! Cependant, inutile d’attendre des années que cela mûrisse ! Vous pouvez y goûter sans modération ! C’est encore un épisode plein de saveur.


vendredi 15 septembre 2017

Dédicaces pour Châteaux Bordeaux

Pour les amateurs, deux dédicaces viennent d'être ajoutées sur la rubrique "Châteaux Bordeaux" :